Emmanuel Macron est élu avec 66 % des voix. Ouf, nous avons eu peur !
Déjà le samedi matin, des nuées de cars TV s’étaient installés devant le Musée du Louvre, laissant présager l’issue du scrutin, mais l’exemple US m’a fait douter jusqu’au bout.
Les mensonges et la violence de Marine Le Pen lors du débat m’ont pétrifiée. Mes oreilles refusaient d’entendre, mes yeux de voir. Je suis restée devant l’écran juste par résistance et refus de fuir. J’ai véritablement eu peur qu’à force d’asséner ses contre-vérités, elle finisse par convaincre. Les centaines de « madame Le Pen » scandés par Macron m’ont semblé alors bien maladroits. Mais avec le recul, j’aurai du remarquer que ses excès avaient quelque chose de suicidaire. Pas plus que son père, elle n’a voulu la responsabilité du pouvoir suprême. Sa liesse dans la cathédrale de Reims assiégée me semble avoir été révélatrice.
Je fais partie d’une génération qui a construit l’Europe contre la guerre. C’est notre victoire. Nous ne nous la sommes pas laissé voler. J’en suis fière.
Mais les beaux discours ne suffisent pas. Espérons que le dynamisme et la jeunesse du nouveau président pourront impulser à la France un nouvel essor économique qui offrira sa chance à tous, sur tout le territoire.
Ce ne sera pas facile, car l’abstention et les votes blancs ont été massifs. Comment faire passer des réformes sans majorité à l’assemblée ? Macron saura-t-il gérer les mécontents qui seront bientôt dans la rue ?
Il faut avoir confiance !








Je me suis retrouvée dans une caverne d’Ali Baba, devant une flopée de chefs d’œuvre anciens, renaissance italienne, flamands, allemands, espagnols, français, que la guerre avait isolés du monde occidental. Et j’ai déambulé des heures, me nourrissant de ce que le passé européen pouvait m’offrir de plus admirable, de plus puissant, pensive devant une œuvre, interrogative devant une autre. Je me suis arrêtée longuement devant la Saskia à l’œillet de Rembrandt, bouleversée par son humanité, par cet œillet fragile tendu par la jeune femme vers le peintre, comme si je puisais à la source de mon existence.