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ARTISTE & ÉCRIVAIN

NEWS

  • Semaine du 10 au 17 février 2026

    Ouverture des Jeux olympiques d’hiver en Italie.


ŒUVRE RÉCENTE

  • La Vague

    La Vague. Céramique, 18 cm.

Céramiques
Exposition Macon

CHRONIQUES

Au fil des semaines

  • Cinéma et séries télévisées

    par

    Martine de Rosny

    |

    10 février 2026

    Les Jeux olympiques d’hiver se sont ouverts dans l’habituelle et légendaire liesse généralisée.

    Combien en ai-je connus ? Beaucoup. Bien sûr, le meilleur souvenir reste la pluie de médailles française aux jeux d’Albertville. Il y a si longtemps !

    Cette semaine étant plus tranquille, je me suis demandé pourquoi nous allons si peu au cinéma, ce qui nous coupe de nombreuses conversations avec nos amis. Nous habitons pourtant à deux pas de plusieurs multiplex.

    Durant la journée nous n’avons pas le temps et le soir nous sommes trop fatigués pour sortir. Le week-end, toutes les raisons sont bonnes, amis, famille, quartier envahi de banlieusards, salles archipleines, travail ou repos… Pourtant, ce plongeon dans des univers inhabituels, assis dans un fauteuil confortable  peut se révéler une belle aventure ! Le grand écran, le son stéréophonique vous prend aux tripes, on ressort groggy d’avoir ri ou pleuré sans vergogne.

    À Gex, le petit cinéma d’art et d’essai municipal nous a souvent offert des univers lointains, de l’action, des paysages magnifiques. Nous n’y étions qu’une poignée de spectateurs. Hélas, l’année dernière, seuls y sont passés des films de science-fiction ou des dessins animés. Les premiers me fatiguent les yeux et les oreilles, les seconds ne sont plus de mon âge. Et nous sommes restés devant notre plateau de scrabble.

    Le soir, à Paris, nous nous retrouvons devant la télévision. Les documentaires sont saturés de musiques synthétiques. Autour de tables rondes politiques les invités se succèdent comme de vieux amis radoteurs, les concours de chant sont sympathiques, mais un peu répétitifs, les spectacles humoristiques se situent un peu trop au-dessous de la ceinture pour notre âge. Les films sont souvent des retransmissions dont je m’étonne de n’avoir jamais que de furtifs souvenirs. En général ces programmes ont le mérite de me plonger dans un sommeil plus ou moins profond, mais quand je vais me coucher je n’arrive plus à m’endormir.

    De guerre lasse, nous nous sommes dirigés vers les films proposés en postcast. Sur petit écran, les films à thème sociaux se font une nouvelle jeunesse, mais on finit par s’en lasser. L’époque n’est plus à la bagatelle.

    Nos amis nous ont conseillé de nous brancher sur des séries.

    Nous étions réticents. Mais Catherine nous avait chaudement recommandé Downtown Abbey. Ayant appris que cette série était inspirée d’un film que j’avais bien aimé, Gosford Park, nous avons fini par céder. Je dis bien céder, car nous y avons été accroc durant de nombreuses semaines. Attachés à chaque personnage comme à notre propre famille. Nous sommes du genre à manger les boites de chocolat d’une seule traite. Nous avons juré par la suite qu’on ne nous y prendrait plus.

    Nous avons rechuté avec Thérapie, que nous avons avalée chaque soir, chaque jour, chaque semaine comme des goinfres, incapables de résister au suspense. L’avenir de chaque patient nous a tenus en haleine, jusqu’au bout et la dérive du thérapeute tombé amoureux d’une ravissante nymphomane.

    D’émissions fastidieuses en rediffusions et sur les conseils de gens avisés, nous avons tenté Le Bureau des légendes. Le titre fleurait bon les bonnes histoires qu’on nous lisait avant de nous endormir.

    Ce fut du lourd ! Les activités de la DGSE. Dans les soupentes d’une vieille caserne, à l’abri des regards : le service des légendes. Chaque agent secret est investi d’une légende, une identité fictive, qui lui permet de s’infiltrer dans les pays en crise, ici l’Iran, la Syrie, la Russie… Ils sont suivis grâce à des microcaméras dans leur poche ou la semelle de leurs chaussures. On les voit risquer leur vie à chaque pas, être capturés, torturés, parfois échangés. On les voit aimer dans les pires conditions, protégés par l’état français, fidèles à leur pays, mais aussi manipulés par le CIA, le Mossad, les services de renseignements russes issus du KGB. Oui, du lourd ! On ne nous épargne aucun détail. Les 12 premiers épisodes d’une heure nous ont scotchés chaque soir, jusqu’à la mort du chef du bureau, survenue juste avant sa mise à la retraite. Rôle magnifiquement joué par Jean-Pierre Darroussin.

    Et tout d’un coup, on a cessé de croire à l’histoire. Tout a dérapé, tout est devenu fumeux. On a tenu encore quelques épisodes. Et on lâché le héros comme une vieille chaussette, soudain indifférents à son sort en Russie et à ses amours avec une belle et noble Syrienne devenue après d’horribles aventures, une sorte de mère Térésa d’ONG. La roche tarpéienne est proche du capitole.

    Dans un sens, cela m’a rassurée !

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