
La vie est ainsi faite, en tout cas la mienne, qu’à des moments d’intenses rencontres succèdent des journées de solitude. Quand les évènements se suivent jour après jour, les conversations les plus amicales commencent à me fatiguer et j’ai envie d’être seule. Mais lorsque durant une semaine, j’ai juste dit bonjour aux conducteurs de l’autobus, la parole me manque et j’aspire à des rencontres. Ces chroniques m’offrent une continuité apaisante. Merci à vous.
Les résistances de mon four après deux années d’usage intensif ont refusé de monter jusqu’aux 1020 degrés indispensables à la cuisson de l’argile. J’ai tout de même modelé une panthère noire.
Gilles m’a rassurée. Après avoir fait le diagnostic du four, il a commandé de nouvelles résistances. Julien viendra l’aider pour leur changement. Un épisode classique de céramiste !
La fin de semaine a été agitée. Nous sommes allés voir le spectacle de Danièle au théâtre Galabru.
Il y a deux ans, Danièle a perdu son mari, un journaliste influent. Elle menait une vie mondaine, entourée d’une foule de personnalités. Elle avait monté une petite troupe avec un certain succès. Sans enfants, elle se retrouva seule :
— Le théâtre m’a permis de continuer ! nous avoua-t-elle.
Ce soir-là, dans la file d’attente les conversations tournaient autour des résidences en Normandie, des enfants aux quatre coins du monde, du golf. Les cheveux des septuagénaires sortaient des meilleurs coiffeurs, la chirurgie esthétique avait pour certaines réparé des ans l’irréparable outrage.
L’histoire tournait autour d’un concours à la télévision auquel participait le fils de l’héroïne, jouée par Danièle. Le gagnant étant choisi par téléphone, elle avait convié ses amis pour faire masse. S’en suivaient des quiproquos. Une pièce de boulevard agrémenté despointes d’ironie sur les travers de notre époque.
Un excellent travail d’amateur. Les quatre comédiens se répondaient au cordeau, riaient, pleuraient, sursautaient et criaient avec conviction. Il manquait, comme toujours dans ce genre difficile, les années de formation, de scène, les réussites et les déboires forgeant les professionnels. Mais ce n’était pas grave, on ne se poussait pas du col, on s’amusait.
Le contraste entre les personnages, tous plus ou moins des ratés de notre époque, et le public, fortuné et bien en place, m’a laissée songeuse.
Samedi, nous avons été à la galette-party de Catherine et Philippe. Nous n’avons pas pu nous empêcher de penser à Inès.
