Les manifestations de samedi dernier se sont déroulées sans dégâts majeurs, malgré la présence de casseurs dans toute la France. La grande crainte des autorités était un décès autant du côté de la police que des manifestants. Il y a encore eu beaucoup de blessés, mais moins de magasins saccagés
On a cette fois fait davantage la part des choses.
Les étudiants, les protestataires portant des revendications tous azimuts ont accepté le trajet périphérique de la porte Bagnolet à la porte de Charenton, à l’écart des commerces du centre. Ils ont défilé dans le calme.
Autrefois les syndicats avaient leur propre service de sécurité, souvent très musclé quand il s’agissait par exemple de la CGT. Désormais chacun est appelé à prendre ses responsabilités, ce qui est plutôt bien, mais peu réaliste.
Il est toujours hasardeux de faire des catégories, mais nous les Parisiens, avons une certaine expérience des mouvements de foule. Au moment de la dispersion, des casseurs vêtus de noirs, les blackblocks, entrainés à la guerre urbaine, se répandent sur les trottoirs et les rues adjacentes. Ils cassent pour casser. Ce sont ceux que nous avons vu lancer des objets de chantiers avec des hurlements de haine devant la Bourse le samedi précédent. Ultraviolents, issus de mouvances de l’extrême droite ou de l’extrême gauche. Nous avons pu observer que ce ne sont pas des « pauvres », mais plutôt des idéologues de la violence.
Par là-dessus, se déversent dans les rues, des jeunes, parfois très jeunes venus des quartiers dits « sensibles », décidés à en profiter et se servir dans les magasins. Ils volent des objets bien déterminés, des mobiles, des ordinateurs, des chaussures et des vêtements de marques, des bijoux (souvent de pacotille). Surtout des objets de consommation promus par les influenceurs sur leurs portables.
Enfin, on peut voir des gens s’introduire dans une supérette en quête de nourriture.
On pourrait dire qu’un pas a été franchi samedi dernier à l’égard de la situation actuelle. La France est endettée. Une dette qui coûte très cher. Les recettes ne sont plus suffisantes pour payer les professeurs, pour tenir la santé, les retraites, la chose publique.
Notre petit-fils, 22 ans, étudiant en mathématiques à l’université de Grenoble a manifesté avec ses amis. Je l’ai eu au téléphone. Je lui ai dit :
— Si la France fait faillite, elle sera prise en charge par le FMI. Ce sera douloureux ! Comme en Grèce. Ne vaut-il pas mieux, chercher des solutions acceptables, une réorganisation, de l’université par exemple ? Faire mieux, tout en faisant moins cher ?
Au téléphone mon, ô combien paisible, petit-fils a défendu les propos de Mélanchon. Je lui ai dit :
— Cet homme est destructeur !
Il a répondu :
— Peut-être, mais c’est le seul à avoir une solution. Faire payer les ultra-riches !
Je lui ai répondu :
— Ils quitteront la France.
— Non, ils resteront ! Ils sont comme moi, ils aiment leur pays, ils n’auront pas envie d’aller ailleurs !
Le riche serait comme l’oncle Picsou, un homme qui nage dans des baignoires remplies de pièces d’or. Comment lui dire que le riche réinvestit ses gains, que sa fortune en actions contribue à l’essor économique !
Je me souviens de la famille Michelin. Mes tantes achetaient leurs vêtements sur les marchés. Chaque sou gagné dans la firme était réinvesti.
Que les super profits soient mal partagés et que la pauvreté de plus en plus envahissante soit inacceptable, oui, mais ce n’est pas en cassant la machine économique que les ménages auront de quoi boucler les fins de mois. De tous côtés les signaux sont au rouge.
Hier, ma nièce Virginie au téléphone. Quel plaisir ! Elle m’a donné des nouvelles de sa famille. Sa fille Claire, responsable pour la Région d’un vaste bassin de rivières en Bretagne, a ajouté à son métier la taille des arbres fruitiers. Comment obtenir les meilleurs fruits sans épuiser ni le sol, ni l’arbre ? Une nouvelle activité dûment enregistrée qu’elle pratique pour le moment seule, assurée par un baudrier.
Virginie et Gilbert ont passé une bonne partie de leurs vacances sur leur voilier.
— On est allés jusqu’à Ouessant et nous n’avons même pas débarqué sur l’île.
Elle m’a évoqué la compagnie des dauphins, de plus en plus nombreux, le plaisir d’être assise à l’avant du bateau, de les regarder nager :
— Je te jure qu’ils se tournaient pour me voir. Leurs yeux cherchaient les miens. Quand je rentrais dans la cabine, ils s’éloignaient !
Elle m’a envoyé cette vidéo que je ne résiste pas à vous transmettre.
