
Il fait moins chaud qu’à Paris, mais tout de même…
Les nuits sont assez fraîches, mais dans la journée, difficile de supporter les 32°. On reste dans la maison et il faut éviter de s’amollir, et même de s’ennuyer. Pas si facile !
J’ai démarré un peu de céramique, des colverts. Je n’aime pas ces oiseaux, mais ils volent. Ils ne sont pas enfermés dans une maison silencieuse dans un village désert.. Les bruits de Paris me manquent.
L’autre nuit, vers deux heures quand je suis allée ouvrir les fenêtres du bas, une chauve-souris tournait dans la cuisine, elle était entrée par le velux du toit. Elle savait ce qu’elle faisait. Cavernicole, elle se dirige au radar et aux courants d’air. Le matin elle était partie par où elle était venue.
Nous nous baignons le matin après le petit déjeuner. La plage est tranquille, l’eau agréable, mais déjà plus très fraîche. Un été exceptionnel ! Espérons qu’il l’est, exceptionnel. Rien n’est moins certain ! On nous annonce des orages qui ne viennent pas. Le climat du sud de l’Espagne.
Je lis sur le fil de l’immeuble de mon atelier que les Parisiens souffrent bien davantage, 40° depuis 15 jours ! Sophia n’arrive pas à faire dormir sa petite fille de 6 mois.
Nous sommes allés dans le nouveau complexe de cinéma de Gex. Trois salles qui passent des films d’art et d’essai, des documentaires. Nous avons vu Mes trois sœurs. Pris sur le vif, caméra fixe, la vie de trois petites filles, leur enfance 4-7 ans, leur adolescence jusqu’à l’âge adulte, dans l’Iran des dernières années avant les frappes américaines, un film qui m’a fait penser à Daria et ses deux sœurs.
De retour de la plage, je m’aperçois qu’on est mardi. Juste le temps de compléter.
Samedi, Jon Bastow, le nouveau propriétaire de la maison Péaquin, en face de chez nous, a fêté ses soixante ans. Sur la quarantaine de personnes, nous n’étions pas nombreux à parler français. Beaucoup de fonctionnaires internationaux. Taille moyenne 1,90 mètre, tous anglais, écossais, irlandais. Jon avait réuni son orchestre, les Gex Pistols, lui à la guitare électrique. Très sympathique, mais quel boucan ! Je m’en méfiais et je lui avais gentiment demandé dans l’après-midi de ne pas abuser de la sono. Il en a peut-être tenu compte, mais je ne m’en suis pas aperçu !
J’ai dû partir assez tôt, mes oreilles bourdonnaient et je devenais sourde. Dommage ! Nous étions bien dans son jardin, à boire du champagne et à bavarder avec les amis du village que nous n’avions pas vus depuis notre arrivée, à discuter avec ces Britanniques tous assez originaux, surtout Peter, dont je vous reparlerai sûrement une autre fois.
Le père de Jon, vénérable britannique entouré d’une petite cour, au courant de ma demande, avait lancé quand je suis venue le saluer :
— Only once !
Et j’avais compris que cela allait être costaud ! Nick qui joue du piano est parti avant moi.
Je me suis réfugiée dans la chambre de derrière, fenêtre à double vitrage. Décidément les murs épais des vieilles maisons ont du bon contre le bruit, et la chaleur !
Oui il fait encore chaud ! On nous annonce des orages, mais ils tourniquent autour de nous sans éclater. Les nuages du blanc boursouflé au noir d’encre glissent le long du Jura, se répandent sur les Alpes, mais pas chez nous.
Comment ne pas penser aux victimes du séisme qui a frappé le Venezuela. 50 000 disparus ? Un pays déjà éprouvé par le désordre politique.
Cueillons d’autant plus les instants d’amitiés, la beauté du lac et de la montagne.
La nature est là qui t’invite et qui t’aime ! Alphonse de Lamartine.
Préservons-la !
