Divers

Nous sommes désormais tous les deux seuls jusqu’à la semaine prochaine. Nous apprécions cette situation qui nous oblige à réfléchir sur le va-et-vient de la vie. Privilège de l’âge !

La température a baissé. Il fait 24 degrés, avec le vent ça paraît froid. Ce soir j’ai enfilé un chandail. On retrouve le plaisir de déjeuner dehors.

La nature a souffert, même si nous ne sommes jamais passés en alerte rouge. En particulier, moins d’oiseaux que les autres années. Quand je repense à Paris, je me dis que les trois canicules ont dû y être terribles.

Annick (88 ans) m’a téléphoné plusieurs fois. Sa climatisation a flanché, elle n’a pas pu trouver de ventilateur, en rupture de stock. Je me demande, elle n’est pas du genre à gémir « une bretonne ne se plaint jamais », si elle a craint pour sa vie. En tout cas, elle m’annonce qu’elle a l’intention de déménager et de quitter Paris. Elle habite tout en haut d’une des tours Beaugrenelle à côté de la tour Eiffel, avec vue sur la Seine, jusqu’au mont Valérien, sur de magnifiques couchers de soleil, dans un appartement presque entièrement vitré. Luxueux, mais construit dans les années 70, il n’est pas isolé contre le froid et surtout la chaleur. Le devis qui lui parvient est exorbitant. Elle veut s’expatrier en Espagne. Je lui dis :

— Tu vas t’y ennuyer et tu auras encore plus chaud !

Elle répond :

— Les appartements y sont adaptés à la chaleur. J’aurai une piscine au pied chez moi, j’y ai des amis et les médecins y sont très bons.

Elle a dû passer quelques jours à Montreux pour un problème médical. Elle est revenue éblouie par la Suisse et le lac Léman. Sûr, mais il faut en avoir les moyens !

Quand je pense à tous ces immeubles construits dans les banlieues françaises à la même époque, je m’étonne du faible nombre de morts. Les ascenseurs y sont souvent en panne, comment les vieillards et les familles avec enfants en bas âge ont-elles pu survivre ?

Lorsque, comme ce matin, nous nous baignons dans une eau délicieusement fraîche avec un vent qui nous caresse la peau, que nous nous séchons devant le lac et la majesté des montagnes, j’ai l’impression d’un miracle.

D’autant plus que le monde est actuellement une poudrière. Les dirigeants des grandes puissances sont fous. Les missiles pleuvent sur l’Ukraine et l’Iran, par la volonté d’un Donald Trump qui veut détourner l’opinion du scandale Weinstein et de Wladimir Poutine, obsédé par « la grandeur de la Russie ». Ils représentent pourtant le choix des électeurs.

Aujourd’hui, en démocratie, n’importe qui par le jeu des influences et des arrangements peut accéder au pouvoir suprême. Bardella, un jeune homme tout juste bachelier y prétendait par la magie de quelques convictions à peine étayées. Il s’en est fallu de peu pour qu’il soit le représentant du RN capable d’accéder au deuxième tour des élections présidentielles.

Nos petits-enfants nous disent :

— Les gens de votre âge ont de tout temps été pessimistes. Ça a toujours été comme ça !

Peut-être ! Mais autrefois, il n’y avait pas de drones tueurs, de bombes atomiques. Les humains ne déréglaient pas le climat.