
Quand je me relis, je vois les périodes de chaleur se succéder de plus en plus nombreuses. Celle de fin mai avait déjà un caractère exceptionnel par sa précocité. Celle qui sévit en ce moment n’a pas eu de précédent.
Je me souviens de m’être inquiétée pour Ève, elle avaitune vingtaine d’années à l’époque et participait à la restauration de vieilles demeures dans le midi par une température de 32° Or, depuis plusieurs jours, à Paris, le thermomètre est monté jusqu’à 39°. Des records atteignent 43°- 44° dans certaines régions du centre ouest de la France. Et ça dure ! Personne ne sait quand ça va s’arrêter.
Le changement climatique auquel personne ne croyait malgré les alertes des glaciologues, des marins dans les mers australes, des données météorologiques et de tant d’autres indices est désormais une réalité à laquelle il faut s’adapter.
A l’origine, nous avions décidé d’aller à Tougin le 5 juillet. Nous avons changé nos billets pour le 26 juin. Nous venons encore de changer pour mardi prochain et tant pis pour le concert que je me réjouissais d’aller écouter chez Chantal : des romances de Clara Schumann, la fameuse sonate piano-violoncelle de César Franck. On nous annonce encore trois jours à 39°- 40°. C’est trop ! Même s’il fait chaud à Tougin, le vent de la montagne rafraîchit les maisons durant la nuit.
Aujourd’hui, c’est fête de la musique ! Tout à l’heure, deux camions à plates formes décorées à la brésilienne transportaient des « musiciens » et des baffles qui faisaient vibrer l’immeuble entier. Ils se sont arrêtés dix minutes sur la place des Victoires. J’ai jeté un coup d’œil par la fenêtre. Il n’y avait pas grand monde sur le trottoir et la place était déserte. Chaque année c’est la même chose. Je regrette la musique de rue du début, sans amplification.
La fête a failli être annulée à cause de la chaleur. Finalement autorisée, elle est étroitement surveillée et les cafés n’ont pas le droit de servir de l’alcool.
Nous partirons mardi vers midi. Ce n’est pas prudent, les rails et les caténaires sont surchauffés et les pannes de train nombreuses. Une annonce déconseille aux personnes vulnérables de voyager, la SNCF se jugeant incapable d’assurer une sécurité à cent pour cent. C’est surtout la portion du trajet Paris-Mâcon qui pose problème. Elle nous paraîtra longue. Tant pis ! Pour le moment rien n’indique que la température va baisser. Nous n’aspirons qu’à des nuits fraîches et à des bains dans le Léman !
Après le G7 d’Evian, très sécurisé et médiatisé (amusant de voir des lieux familiers à la TV !), Donald Trump a triomphalement annoncé un cessez-le-feu avec les Iraniens alors que tout indique une défaite. Pour libérer le détroit d’Ormuz, il est prêt à des concessions majeures.
Il a choisi la galerie des Glaces de Versailles pour signer. Son goût du faste atteint des proportions inimaginables quand les Pères fondateurs s’opposaient aux royaumes absolutistes de la vieille Europe et à leurs dorures.
Aujourd’hui, bien que fragilisée par l’extrême droite, c’est sur l’Europe que reposent les valeurs d’humanisme que les Américains étaient venus défendre en 44.
Hier soir une chaleureuse et délicieuse fête de fin d’année de théâtre chez Dani dans son appartement au-dessus des Champs-Elysées.
La caverne du Pont-Neuf a fini par ouvrir au public. Nous n’avons pas eu le temps d’y mettre le nez. Dommage ? Nous sommes passés devant avec le taxi en allant gare de Lyon. Enserrée dans des cordages, elle n’avait plus l’air de rien. Tout ça pour ça ?
Deux jours ont passé, il fait chaud. Nous bouclons les valises et ce soir nous serons à Tougin. Une autre vie !
