Fin de canicule. Victoire du PSG

Ce matin la température a baissé, il pleut sur la ville et mes géraniums. Un plaisir !

Après un week-end agité, je reviens sur la semaine dernière.

Cela faisait un moment que le groupe WhatSapp de l’immeuble de mon atelier s’inquiétait pour le quartier. En cas de victoire du Paris, Saint-Germain, une fête était prévue sur le Champ-de-Mars. Nous en sommes riverains, en limite de zone de sécurité, ce qui veut dire restrictions de circulation et de stationnement, mais aussi l’éventualité de voir se déverser la fuite des casseurs. En fait, ce qui inquiétait le plus mes paisibles voisins, c’était les pelouses Champ-de-Mars, une fois de plus en phase de régénération. Elles supportent du lourd, fête après fête sans compter l’indispensable feu d’artifice du 14 juillet.

Ils furent bons joueurs. Samedi soir, à la seconde même de la victoire de leur club par tir au but, ils montrèrent leur satisfaction. Sans ambiguïté, mais avec prudence.

Dimanche, en fin d’après-midi, la télévision diffusa dans le monde entier la marche triomphale, sur fond de tour Eiffel, des joueurs revenus de Budapest, applaudis par cent mille supporters. 200 000 pieds sur les 500 mètres de pelouse convalescente.

La joie fut immense, l’exaltation intense, Paris, une fois de plus le centre du monde ! Même si le club est financé et dirigé par le Qatar, que seuls deux joueurs sont français et surement pas parisiens, que leur entraîneur est espagnol, le public, international, le maire de Paris ne donnait pas sa part aux chiens et levait les bras aussi haut que possible. Le club parisien avait gagné la Ligue des champions contre les Anglais de l’Arsenal, lequel avait fort bien joué ! L’Europe était à l’honneur ! Une bonne cause, en ces temps de menaces sur ses frontières.

Le lundi, un habitant de l’immeuble s’empressa de nous envoyer une photo de la pelouse, probablement à l’occasion de son footing matinal après enlèvement des barrières de sécurité. Comment était-ce possible ? Intacte ! À n’en pas croire ses yeux. Bravo, les services des espaces verts parisiens ! Des cœurs sont venus se joindre à la photo.

Tout de même !

Quand je relis ces chroniques, je m’étonne de les voir d’année en année prendre tant de place.

Ces fêtes secouent des millions de supporters essentiellement masculins. Pourquoi tant de joies, tant de peines pour le trajet d’un ballon ? La victoire ou la défaite tient à quelques centimètres. Samedi, tirs au but. Pile ou face. Le gardien de but se jette d’un côté ou de l’autre. Et pourtant la victoire est entière, indubitable, incontestable.

Je me souviens du match contre le Brésil qui nous fit champions du monde et nous a rempli durant des années d’un orgueil peut-être un peu excessif. La victoire, pour une bonne part, avait été due aux problèmes intestinaux de Ronaldo.

Les émotions soulevées, le travail, la finance, tout y est disproportionné. Surtout la joie, immense, qui submerge un pays tout entier est si forte qu’on peut difficilement en trouver d’équivalentes. Que valent les petites joies du quotidien devant ce sentiment soudain de réussite absolue ? Il semble envahir les veines, les yeux, les bras des supporters comme l’ultime raison de vivre heureux, en groupe.

Et les joueurs ! Comment font-ils pour courir pendant plus de 90 minutes comme des dératés. Comment supportent-ils les crampes ? Comment se relèvent-ils après les chocs ? Comment rester lucides devant des stades remplis jusqu’à la dernière place à prix d’or, devant cinquante mille et plus de supporters qui hurlent.

Leur intelligence du jeu est stupéfiante, comment peuvent-ils trouver la bonne passe, surtout près des buts ?

Il fut un temps où les matchs étaient des foires d’empoigne, à coups de cartons jaunes et de penaltys plus ou moins provoqués, mais ce n’est plus le cas. Peut-être que samedi l’Arsenal était trop sur la défensive, mais le PSG ne l’avait pas volé qui avait fait preuve d’inattention au début du match. Un beau spectacle !

Et surtout qu’est-ce qui peut se passer dans la tête de ces demis-dieux souvent sortis des banlieues ?

Ces matches sont peut-être les seuls qui réunissent toutes les sociétés, pauvres ou riches, éduquées ou pas, à travers les langues, les religions, à travers les pays du monde entier.

À l’exception tout de même des femmes, même si les clubs de foot se féminisent et qu’on en voit un peu plus dans les tribunes qu’autrefois. Les femmes : 50 % de l’humanité.