Internet

Ouille, ouille, ouille ! J’ai beaucoup de mal avec internet !

Parfois, je ne supporte plus les mots de passe, les absences ou les pannes de réseau, les buzz, les spams… la pub incessante, les heures perdues à « surfer » souvent inutilement.

Pour le moment, c’est mon répertoire qui ne fonctionne pas. Á toute demande, un message s’affiche : « Ce contact n’existe pas ». Je pianote alors nerveusement, il me sort une personne décédée depuis une dizaine d’années ou une adresse jamais utilisée.

J’ai possédé un mobile qui n’enregistrait pas les brouillons et n’autorisait pas les corrections. Naturellement, j’ai cru à ma maladresse. On me l’a volé. Je ne l’ai pas vraiment  regretté.

J’en fais des cauchemars. Je rêve que je suis perdue dans une ville et que je cherche à téléphoner à Gilles. Mes doigts dérapent, je ne trouve pas son numéro, la batterie est à plat, l’écran ne s’allume pas, il est cassé… Je demande à quelqu’un de me prêter le sien. Pareil ! Il fait de son mieux, mais  n’ayant pas le numéro, il ne peut rien pour moi. Je creuse dans ma mémoire, mais ce n’est jamais le bon. Normal puisqu’il est enregistré dans mon mobile ! Et je me réveille en sueur contente d’être sortie d’une situation inextricable.

L’internet médical ! Retrouver une ordonnance, des résultats d’analyses, tient de l’exploit. Doctolib, un fouillis rempli de noms de médecins que vous n’avez jamais vus, de conseils sur votre alimentation, de recommandations.

Votre espace santé ? Quand vous avez eu la chance de vous souvenir de son intitulé et de l’écrire sans vous tromper, il répond que vous allez recevoir un numéro. Le mobile sonne, un numéro apparait à six chiffres. Le temps de trouver papier et crayon, on vous annonce qu’il est périmé. Il faut recommencer. Après de nombreux mois pour ne pas dire des années, quelqu’un a dû s’apercevoir qu’il était difficile à mémoriser, on peut désormais le copier, puis le coller dans l’espace santé. Bravo internet ! Mais vous n’êtes pas au bout de vos peines, une masse d’encartés qui ne correspondent pas à votre demande envahit l’écran. Quand par chance vous avez enfin trouvé l’ordonnance du médicament sans lequel vous risquez un AVC, sa date n’est pas visible, il faut trouver le moyen de se débarrasser des encartés pour y voir la page entière et lire les petits caractères sur le côté, noyés entre deux lignes.

Vous finissez par apprendre qu’il suffisait d’ouvrir la case message dans doctolib pour avoir votre ordonnance. Le médecin vous l’avait envoyée par email après votre passage, en toute transparence.

Un glissement de doigt sur le clavier et vous devez tout recommencer…

Les achats ? Vous passez des heures à trouver les sandales qui vous plaisent. Après bien des complications, comme de rater le livreur (qui n’est en fait pas passé), se rendre au point relais, vous ouvrez votre paquet. Elles ne sont pas toujours celles que vous imaginiez et pas toujours celles que vous aviez demandées. Il faut refaire et retourner le paquet avec une attente d’une demi-heure à la poste. On vous renvoie la bonne taille, mais finalement, elles ne sont pas aussi jolies que sur le site et vous ne les portez pas.

J’ai commandé une veste sur un site chinois. Elle devait arriver dans la semaine. Au bout d’un mois et demi je l’avais oubliée quand j’ai vu arriver une sorte de chemise pendouillante et importable qui ne valait pas son prix. Même si elle avait été jolie, son tissu mou promettait de perdre son peu de texture au premier lavage.

Je n’ai jamais recommencé !  J’achète des vêtements plus coûteux et je les garde longtemps. Ça me revient moins cher.

Les réseaux sociaux ? Je me suis désabonnée ou j’ai pris mes distances avec Facebook et compagnie. Ils me mangaient un temps considérable et je n’aime pas le comptage des likes, sorte de compétition concernant des bonheurs revendiqués que tout le monde sait pourtant subjectifs.

Il y a cependant, quand on sait s’y prendre, quand on est patient, quand on a du réseau, quand on n’a pas le temps, quand on a le temps, quand on ne peut pas se déplacer, si ce qu’on cherche est rare… la  liste est longue, il y a d’immenses avantages à pouvoir se raccorder au monde entier. J’en conviens.

(à suivre)