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Quelle tristesse ! La mort, encore la mort !
Philippe, le frère de Gilles, nous a appris au téléphone le décès de leur fille Inès, 48 ans.
Elle était partie pour le Brésil avec son mari et leurs trois enfants de 11 à 18 ans, pour les vacances de février. Après le dîner, se sentant fatiguée, elle s’est allongée dans sa chambre d’hôtel pendant que dans l’autre pièce la famille regardait la télévision. Un des enfants est allé la voir. Comme elle ne bougeait pas, il est revenu vers son père. Les massages cardiaques n’ont rien pu faire.
Elle se portait bien, elle avait même eu un check up avant de partir. Il faisait très chaud, 42°. Ils venaient d’arriver. J’ai tout de suite pensé à Isa que nous avions vue quelques jours auparavant. Brésilienne, elle s’inquiétait du changement climatique. » La température dépasse 40°, le Brésil est devenu invivable durant l’été. Nous attendrons pour revenir. «
Les enfants sont retournés en France le lendemain et Gonzague est resté pour les démarches de rapatriement du corps. Il les a retrouvés huit jours plus tard chez Philippe et Catherine à La Ferme où leurs cousins, les enfants de Sybille passaient leurs vacances.
Oh, Inès ! Belle et souriante Inès, je sens encore la chaleur de ton corps quand je t’ai serrée dans mes bras à la galette partie du mois de janvier…
La série continue. Ce matin, Toni nous a téléphoné pour nous annoncer le décès de Marie-Rose à Barcelone. Elle s’est éteinte paisiblement dans son Ehpad, ne reconnaissant plus personne, pas même Toni. Énumérer les disparitions de ma génération devient une routine dans laquelle je dois m’inscrire, avec plus ou moins de tristesse, pour ne pas dire de détresse et de douleur, en attendant la mienne.
Cependant la mort subite et prématurée d’Inès est d’une autre nature. Nous avons connu ce désarroi et peut-être davantage avec mon frère Patrice, décédé à 36 ans, laissant trois petits orphelins de deux à dix ans. Nous savons combien la vie a du mal à repartir, les séquelles qu’elle laisse, le courage nécessaire pour les enfants et les survivants. Je pense à Gonzague qui va devoir composer avec l’absence. Terrible ! Ils ont la chance d’être croyants, ce qui pourra peut-être les aider.
Hier, je suis allée prendre un café au soleil sur la terrasse de la Pointe Saint-Eustache devenue le Florida. J’avais besoin de soleil sur la peau. J’avais besoin de regarder les gens passer, les familles déambuler avec nonchalance. J’ai aimé les blagues des jeunes devant moi, le manège de la serveuse débordée par l’influence, j’ai aimé voir les enfants courir, entendre le chanteur de rue et son jazz.
Demain, nous nous retrouverons à Meudon pour les obsèques.
Ève et Emmanuel viendront de Grenoble. Ils repartiront le soir même.
À bientôt.
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